Yaak est un client API de bureau open source et « local-first » pour tester et construire des API. Il prend en charge REST, GraphQL, gRPC, WebSocket et les Server-Sent Events. Créé par Gregory Schier, le développeur à l’origine d’Insomnia, Yaak suit une approche claire : vos requêtes restent sur votre machine, dans des fichiers texte brut, sans compte obligatoire ni dépendance à un cloud propriétaire.
Si vous avez cherché « Yaak » et que vous êtes tombé sur des cartes du Montana rural, ce n’est pas le bon sujet. Yaak, Montana est une communauté non incorporée près de la frontière canadienne. Ici, on parle de Yaak le client API, disponible sur yaak.app.
Dans ce guide, vous allez voir comment Yaak fonctionne en pratique : stockage local, collaboration via Git, protocoles supportés, automatisation avec la CLI, cas d’usage pertinents et positionnement par rapport à une plateforme API « design-first » comme Apidog.
L’histoire de son origine : construit par le créateur d’Insomnia
Yaak est directement lié à l’histoire d’Insomnia. Gregory Schier a construit l’Insomnia original, l’un des clients API les plus appréciés des années 2010. Après l’acquisition d’Insomnia par Kong, l’outil a progressivement évolué vers un modèle plus large, avec compte obligatoire et davantage de fonctionnalités cloud, ce que certains utilisateurs historiques n’ont pas apprécié.
Yaak est donc une seconde approche, construite avec le recul :
- open source sous licence MIT ;
- indépendant ;
- pensé pour le bureau ;
- centré sur les fichiers locaux ;
- sans télémétrie ni synchronisation cloud forcée.
La conséquence pratique : Yaak ne cherche pas à devenir une plateforme complète. Il vise plutôt un usage précis : envoyer, organiser, versionner et automatiser des requêtes API rapidement, tout en gardant le contrôle sur les fichiers.
Conçu « local-first » et Git-natif
La décision technique la plus importante de Yaak concerne le stockage. Vos données restent sur votre système de fichiers. Il n’y a pas de connexion requise, pas de télémétrie et pas de synchronisation cloud imposée.
En pratique, cela signifie que vous pouvez :
- créer un espace de travail local ;
- ajouter vos requêtes API ;
- stocker les fichiers dans un dépôt Git ;
- relire les changements dans une pull request ;
- résoudre les conflits comme pour du code source.
Ce modèle est utile si votre équipe veut versionner les requêtes API avec l’application qui les consomme.
Exemple d’organisation possible dans un dépôt :
my-service/
├── src/
├── tests/
├── docs/
└── api-requests/
├── environments/
├── users/
├── billing/
└── healthcheck/
Vous pouvez alors traiter les changements de requêtes comme des changements applicatifs :
git status
git add api-requests/
git commit -m "Add billing API requests"
git push
L’avantage est simple : vos requêtes API ne sont pas enfermées dans une base distante ou un format opaque. Elles peuvent être relues, comparées, revues et restaurées avec Git.
Pour comparer cette approche à d’autres outils similaires, consultez cet aperçu des clients API Git-natifs.
Yaak est aussi conçu pour rester rapide côté bureau. Il est construit avec Tauri, Rust et React, ce qui permet de garder une empreinte légère et une interface réactive, sans dépendre d’allers-retours serveur pour les actions de base.
Quels protocoles Yaak supporte
Yaak ne se limite pas aux requêtes REST classiques. Il couvre les protocoles courants des backends modernes.
REST et HTTP
C’est le cas d’usage principal : créer une requête, définir la méthode, ajouter des en-têtes, configurer le corps et inspecter la réponse.
Exemple de requête HTTP typique :
POST /api/users HTTP/1.1
Host: example.com
Content-Type: application/json
Authorization: Bearer <token>
{
"name": "Alice",
"email": "alice@example.com"
}
GraphQL
Yaak permet d’écrire et d’envoyer des requêtes GraphQL, utile lorsque votre API expose un schéma et que vous voulez tester rapidement des queries ou mutations.
Exemple :
query GetUser($id: ID!) {
user(id: $id) {
id
name
email
}
}
Variables :
{
"id": "123"
}
gRPC
Yaak peut appeler directement des services gRPC. C’est utile pour les architectures microservices ou les plateformes internes qui n’exposent pas uniquement du REST.
WebSocket
Pour les fonctionnalités temps réel, Yaak permet d’ouvrir une connexion WebSocket et d’échanger des messages avec le serveur.
Exemple de message JSON :
{
"type": "subscribe",
"channel": "notifications"
}
Server-Sent Events
Yaak prend aussi en charge les Server-Sent Events, pratiques pour consommer un flux d’événements envoyé par le serveur via une connexion HTTP persistante.
Côté authentification, Yaak couvre les schémas courants utilisés dans des API réelles :
- OAuth 2.0 ;
- AWS Signature v4 ;
- JWT ;
- configurations d’authentification personnalisées.
Il peut également importer du travail existant depuis Postman, Insomnia, OpenAPI, Swagger et curl. Cela évite de repartir de zéro lors d’une migration.
Cette couverture place Yaak dans la catégorie des clients API REST complets, avec un avantage spécifique : il fonctionne hors ligne par défaut.
Utiliser Yaak dans un workflow Git
Le principal intérêt du modèle Git-natif apparaît lorsque les requêtes font partie du cycle de développement.
Un workflow simple peut ressembler à ceci :
- un développeur ajoute ou met à jour une route côté backend ;
- il ajoute la requête Yaak correspondante dans le dépôt ;
- il ouvre une pull request ;
- l’équipe relit à la fois le code et la requête API ;
- les requêtes deviennent une forme de documentation exécutable.
Exemple de convention :
api-requests/
├── users/
│ ├── create-user
│ ├── get-user
│ └── delete-user
├── auth/
│ ├── login
│ └── refresh-token
└── orders/
├── create-order
└── get-order
Ce type d’organisation aide à garder les requêtes proches du code métier. Si une route change, la modification de la requête peut être revue dans la même PR.
La CLI compagnon pour l’automatisation et les agents
Un client graphique est utile pour explorer et déboguer une API. Mais pour l’automatisation, il faut pouvoir exécuter les mêmes requêtes hors de l’interface.
Yaak propose une CLI compagnon qui permet d’exécuter des requêtes enregistrées depuis un terminal, un script ou un pipeline CI.
Les cas d’usage typiques :
- vérifier qu’une API répond après un déploiement ;
- lancer des smoke tests dans une pipeline ;
- exécuter des requêtes sauvegardées sans ouvrir l’application ;
- permettre à des agents de développement de piloter des requêtes de manière programmatique.
Exemple de workflow CI conceptuel :
name: API checks
on:
pull_request:
push:
branches:
- main
jobs:
api-checks:
runs-on: ubuntu-latest
steps:
- uses: actions/checkout@v4
- name: Install Yaak CLI
run: |
echo "Installer la CLI Yaak selon la documentation officielle"
- name: Run saved API requests
run: |
echo "Exécuter les requêtes enregistrées avec la CLI Yaak"
Yaak fournissait auparavant un plugin expérimental de serveur MCP, pour Model Context Protocol, afin que des assistants comme Claude ou Cursor puissent inspecter et envoyer des requêtes. Ce plugin MCP a été déprécié. Les flux de travail pilotés par des agents sont désormais orientés vers la CLI.
Le point important : les requêtes créées dans l’interface ne sont pas limitées à l’interface. Elles peuvent aussi s’intégrer à des scripts, pipelines ou workflows d’agents.
Tarifs et licences
Yaak distingue clairement usage personnel et usage commercial.
Le code source est sous licence MIT. Vous pouvez donc consulter, modifier, compiler et exécuter le code vous-même. Les conditions commerciales concernent les binaires préconstruits, pas le code source lui-même.
En pratique :
- Yaak est gratuit pour un usage personnel ;
- une licence payante est requise pour un usage professionnel ou commercial ;
- un essai de 30 jours est disponible au premier lancement, sans carte de crédit ;
- les forfaits payants couvrent les particuliers et les entreprises ;
- les prix peuvent évoluer, donc il faut consulter yaak.app/pricing pour les tarifs actuels.
Ce modèle est particulièrement intéressant pour les développeurs indépendants, les étudiants et les personnes qui veulent tester un client API hors ligne sans abonnement immédiat.
À qui s’adresse Yaak
Yaak est pertinent si vous voulez un client API qui privilégie le contrôle local plutôt que la collaboration cloud.
Vous devriez l’évaluer si vous voulez :
- envoyer des requêtes API sans créer de compte ;
- travailler hors ligne ;
- stocker vos requêtes dans des fichiers texte ;
- versionner ces fichiers avec Git ;
- éviter la télémétrie ;
- importer des collections existantes depuis d’autres outils ;
- utiliser REST, GraphQL, gRPC, WebSocket ou SSE depuis une seule application de bureau.
Yaak est aussi adapté aux développeurs qui ont été déçus par des outils devenus plus lourds, plus orientés cloud ou plus dépendants d’un compte utilisateur.
Si vous comparez les options, Yaak mérite sa place dans une liste d’alternatives à Postman ou de clients API hors ligne. C’est aussi un point de comparaison naturel avec l’Insomnia original, abordé dans Apidog vs Insomnia, et avec Bruno, un autre client « local-first » et Git-natif comparé dans Apidog vs Bruno.
Où une plateforme « design-first » s’intègre à ses côtés
Yaak est conçu comme un client léger, local et Git-natif. C’est précisément sa force. Il n’essaie pas de couvrir tout le cycle de vie d’une API.
Si votre besoin couvre aussi la conception, les tests automatisés, le mocking, la documentation et la collaboration d’équipe, vous entrez dans une autre catégorie d’outil.
Apidog est une plateforme API tout-en-un orientée contrat. Elle permet de :
- concevoir des API dans un éditeur visuel OpenAPI ;
- travailler avec un support de branches ;
- exécuter des scénarios de test automatisés ;
- ajouter des assertions visuelles ;
- générer des serveurs mock dynamiques sans code ;
- publier une documentation interactive ;
- collaborer dans des espaces de travail partagés ;
- exécuter des scénarios de test enregistrés en CI avec la CLI Apidog.
Apidog fonctionne comme application de bureau sur Windows, Mac et Linux, ainsi que comme application web. Il prend en charge REST, GraphQL, gRPC, WebSocket, SOAP et Socket.IO.
La différence pratique est la suivante :
- choisissez Yaak si vous voulez un client rapide, local, hors ligne et basé sur des fichiers ;
- choisissez une plateforme comme Apidog si vous voulez gérer conception, mocking, tests, documentation et collaboration dans un même outil.
Les deux approches peuvent coexister dans une même organisation. Une équipe peut utiliser Yaak pour un workflow local et Git-natif, tout en utilisant Apidog pour la conception de contrats, la documentation et les tests collaboratifs.
FAQ
Yaak est-il gratuit ?
Oui, pour un usage personnel. Yaak est gratuit pour les usages personnels, et son code source est open source sous licence MIT. Une licence payante est requise pour un usage commercial ou professionnel. Consultez yaak.app/pricing pour les niveaux actuels.
Yaak est-il open source ?
Oui. Yaak est open source sous licence MIT. Vous pouvez consulter, modifier, compiler et exécuter le code source vous-même. Les conditions de licence commerciale s’appliquent aux binaires préconstruits, pas au code source lui-même.
Qui a créé Yaak ?
Yaak a été créé par Gregory Schier, le développeur qui a initialement construit Insomnia avant son acquisition par Kong. Yaak est sa seconde approche indépendante d’un client API rapide, privé et « local-first ».
Quels protocoles Yaak supporte-t-il ?
Yaak prend en charge REST et HTTP, GraphQL, gRPC, WebSocket et les Server-Sent Events. Il gère aussi des schémas d’authentification courants comme OAuth 2.0, AWS Signature v4 et JWT. Il peut importer depuis Postman, Insomnia, OpenAPI, Swagger et curl.
Yaak fonctionne-t-il hors ligne ?
Oui. Yaak est « local-first » et fonctionne entièrement hors ligne. Vos requêtes restent sur votre système de fichiers, sans compte obligatoire et sans télémétrie. Rien ne quitte votre machine par défaut, sauf si vous choisissez de partager vos fichiers.
Pour comparer avec d’autres options, consultez cette liste de clients API gratuits.
Yaak est-il lié à Yaak, Montana ?
Non. Yaak, Montana est un lieu près de la frontière canadienne. Yaak le client API est un logiciel disponible via yaak.app. Ils partagent seulement le même nom.
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