Le 24 mai dernier avait lieu la quatrième édition de Sunday Labs, organisée par Build Society chez Hexa (eFounders), à Paris.
Le format était simple : réunir des builders, fondateurs, freelances, profils tech et créateurs autour de discussions ouvertes, de présentations de projets et de networking.
Pas de keynote.
Pas de conférence descendante.
L’objectif était surtout de créer des échanges utiles entre personnes qui construisent déjà quelque chose.
Le sujet central : pourquoi Paris attire encore moins que d’autres écosystèmes tech ?
La première partie de l’événement tournait autour d’une question :
Que manque-t-il à Paris pour devenir un écosystème plus attractif pour les investisseurs et les entrepreneurs tech ?
Plusieurs thèmes sont revenus quasiment dans tous les groupes.
1. Le manque de lieux et de culture builder
Beaucoup ont évoqué l’absence d’espaces réellement pensés pour les builders :
- hacker houses,
- cafés orientés startup,
- lieux ouverts tard,
- espaces hybrides entre coworking et communauté.
L’idée revient souvent : à Paris, il existe des événements tech, mais peu d’endroits où les rencontres se font naturellement au quotidien.
Le parallèle avec San Francisco ou New York a été fait plusieurs fois, notamment sur la facilité à rencontrer d’autres personnes qui construisent.
2. La culture du risque reste différente
Autre sujet récurrent : la perception de l’échec.
Plusieurs participants ont expliqué qu’en France :
- l’échec entrepreneurial reste stigmatisé,
- l’administratif freine certains projets,
- le cadre juridique et fiscal peut décourager des profils early-stage.
À l’inverse, l’écosystème américain est perçu comme plus tolérant au risque et plus agressif sur le financement.
3. Le sujet du marché américain
Des fondateurs présents ont aussi partagé leur expérience autour des États-Unis :
- création de structures dans le Delaware,
- recherche de financements US,
- accès à un marché plus large,
- valorisations plus élevées.
Un point intéressant : plusieurs personnes ont insisté sur le fait que les talents français existent déjà , mais que beaucoup de projets finissent par partir vers les US pour des raisons économiques et de distribution.
4. La langue et l’ouverture internationale
Des participants internationaux ont également souligné que :
- la barrière linguistique reste réelle,
- beaucoup d’événements restent très francophones,
- Paris pourrait être plus accessible aux builders étrangers.
Le sujet n’était pas présenté comme un rejet du français, mais plutôt comme une question d’accessibilité dans un environnement tech mondial.
Branding, contenu et distribution : des sujets omniprésents
Une autre partie importante des échanges concernait le contenu et le personal branding.
Le constat partagé :
- publier régulièrement reste l’un des meilleurs leviers pour trouver des clients, des associés ou des opportunités,
- LinkedIn fonctionne toujours très bien pour le B2B,
- Substack devient intéressant pour des niches plus techniques ou spécialisées.
Plusieurs participants utilisaient déjà :
- des workflows IA pour écrire leurs posts,
- des agents pour automatiser la publication,
- des systèmes de veille et de génération de contenu.
Un point intéressant soulevé pendant la discussion :
le problème n’est pas forcément l’IA sur LinkedIn, mais le manque de profondeur de beaucoup de contenus.
Substack a été cité comme alternative plus qualitative pour développer des réflexions longues et toucher des audiences plus ciblées.
Les projets présentés pendant l’événement
Comme souvent dans ce type de format, la partie la plus intéressante restait les échanges autour des projets en cours.
Quelques exemples :
Un Agent OS grand public
Un participant travaillait sur une interface simplifiée autour d’OpenFlow avec l’idée suivante :
- rendre les agents IA accessibles Ă des utilisateurs non techniques,
- centraliser la “vie digitale” d’un utilisateur,
- automatiser certaines tâches via des agents personnels.
Une plateforme de matchmaking social
Un autre projet portait sur le matchmaking relationnel appliqué aux événements.
L’idée :
- utiliser des questionnaires autour des valeurs, émotions et profils,
- créer des groupes pertinents pendant des événements,
- faciliter les rencontres, notamment pour les profils introvertis.
Serend
Projet présenté comme un “réseau social anti-feed”.
Le principe :
- une seule nouvelle rencontre tous les trois jours,
- pas de scrolling,
- pas de logique de visibilité,
- uniquement des conversations entre profils compatibles.
Le positionnement était clairement orienté contre les mécaniques classiques des réseaux sociaux actuels.
Meetable
Plateforme de networking via des dîners en petit comité.
L’objectif :
- connecter entrepreneurs, freelances et profils complémentaires,
- favoriser des échanges plus qualitatifs,
- créer des rencontres orientées compétences + compatibilité humaine.
Scraping LinkedIn et signaux d’intention
Un participant présentait aussi une infrastructure de scraping LinkedIn à grande échelle :
- suivi des recrutements,
- détection de changements dans les entreprises,
- génération de signaux d’intention d’achat.
Le sujet a rapidement dérivé vers les limites techniques, le scraping, les datasets et les modèles commerciaux possibles.
Ce que montre ce type d’événement
Le point le plus intéressant de Sunday Labs #4 n’était probablement pas un projet précis.
C’était plutôt le niveau d’ouverture dans les discussions :
- partage de problématiques réelles,
- retours directs,
- débats sur les modèles économiques,
- échanges très early-stage.
On sent aussi une évolution du format des événements startup à Paris :
- moins de conférences,
- plus de discussions,
- plus de petits groupes,
- plus de projets en construction.
L’écosystème parisien manque peut-être encore de structure et de capital comparé aux US, mais il y a clairement une génération de builders qui cherche à créer ses propres formats, ses propres communautés et ses propres réseaux.

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