DEV Community

climpositive
climpositive

Posted on

Monobloc ou split : le comparatif utile pour un appartement parisien

Monobloc ou split : le comparatif utile pour un appartement parisien

Monobloc ou split : la question revient dans presque tous les projets de climatisation à Paris. Les deux technologies fonctionnent, mais elles ne répondent pas aux mêmes contraintes. L'une exige un groupe posé dehors, l'autre se passe de toute unité extérieure au prix d'un peu plus de bruit.

Ce comparatif passe en revue le confort acoustique, le budget, les travaux et les autorisations, pour vous aider à trancher selon votre immeuble.

Deux façons opposées de produire du froid

Le split sépare la machine en deux parties. Une unité intérieure souffle l'air frais, tandis qu'un groupe placé en façade, en cour ou sur un toit abrite le compresseur. Les deux éléments sont reliés par des liaisons frigorifiques en cuivre.

Le monobloc, lui, rassemble tout dans un seul appareil installé à l'intérieur, contre un mur extérieur. Il aspire et rejette l'air par deux percements fermés par des grilles.

Pour un T2 typique, avec un séjour d'une vingtaine de mètres carrés et une chambre plus petite, la question se pose pièce par pièce : un bi-split dessert deux pièces avec un seul groupe, alors qu'il faut un monobloc par pièce.

Le bruit, critère décisif pour une chambre

C'est sur ce point que l'écart est le plus net.

Comme le compresseur d'un split travaille dehors, son unité intérieure descend généralement autour de 19 à 24 dB(A) en mode nuit, un niveau proche du silence.

Un monobloc garde son compresseur dans la pièce : les modèles actuels annoncent plutôt de 35 à 40 dB(A) à vitesse réduite, soit l'équivalent d'une conversation à voix basse.

Dans un séjour, la différence passe souvent inaperçue. Dans une chambre, tout dépend de votre sommeil. Si vous dormez fenêtres fermées et avez le sommeil léger, demandez à entendre un appareil en fonctionnement avant de prendre votre décision.

Ce que coûte chaque option, pose comprise

Les fourchettes publiées par des installateurs parisiens donnent un ordre d'idée, toutes taxes comprises et sous réserve de visite :

➨Mono-split pour une pièce : environ 2 200 à 3 600 € ;
➨Monobloc pour une pièce jusqu'à 25 m² : environ 2 800 à 4 200 € ;
➨Bi-split pour deux pièces : environ 4 000 à 6 500 € ;
➨Deux monoblocs posés le même jour : environ 5 100 à 7 600 €.

Le split garde donc un avantage économique, à condition d'être autorisé. Un mur épais en pierre de taille ou une ligne électrique à tirer peuvent déplacer ces montants.

Ce comparatif chiffré entre monobloc et split publié par Climpositive détaille ces écarts pour un T2 parisien.

Rendement et consommation sur un été parisien

Les splits affichent en général de meilleurs coefficients d'efficacité saisonnière que les monoblocs, car leur condenseur dispose de davantage d'air pour évacuer la chaleur.

Sur le papier, l'écart est réel. En pratique, l'usage parisien en atténue la portée : la climatisation tourne surtout pendant quelques semaines de fortes chaleurs, et seulement dans les pièces occupées.

Pour un T2 utilisé raisonnablement, la différence sur la facture d'électricité reste souvent modérée.

Les deux technologies existent en version réversible et peuvent chauffer en mi-saison avec un meilleur rendement qu'un convecteur électrique classique, un argument intéressant dans les logements chauffés à l'électricité.

Travaux : carottages ou liaisons frigorifiques

Pour un monobloc, l'équipe réalise deux carottages d'environ 16 cm dans le mur extérieur, pose les grilles et raccorde l'appareil. Dans un mur haussmannien de 50 à 60 cm, le percement prend plus de temps mais reste une opération courante.

Pour un split, il faut fixer le groupe extérieur, faire cheminer liaisons et câble jusqu'à l'unité intérieure, puis tirer au vide et mettre le circuit en service. Cette dernière étape relève d'un technicien habilité à manipuler les fluides frigorigènes.

Dans les deux cas, comptez environ une journée pour une pièce simple.

L'évacuation des condensats, gravitaire ou par pompe, se décide avant le chantier, jamais le jour même.

Monobloc ou split : le poids des autorisations à Paris

À Paris, ce critère tranche souvent le débat avant tous les autres.

Un groupe extérieur fixé sur une façade, dans une cour commune ou sur un toit touche en principe aux parties communes et à l'aspect de l'immeuble, ce qui suppose un vote en assemblée générale.

S'il est visible depuis la rue, une déclaration préalable peut s'ajouter, avec l'avis de l'ABF en secteur protégé.

Le monobloc ne laisse que deux grilles en façade, mais il n'échappe pas forcément aux démarches : une autorisation peut être exigée, en fonction des lieux et de ce que prévoit le règlement de l'immeuble.

Faites vérifier ce point par votre syndic avant de signer.

Trois situations, trois choix logiques

Quelques profils fréquents aident à se repérer :

➨Votre copropriété accepte un groupe en cour ou sur une toiture technique, et vous équipez une chambre : le split s'impose pour son silence et son coût.
➨Votre immeuble du 9e ou du 11e refuse tout groupe extérieur : le monobloc devient l'option la plus réaliste, éventuellement en version encastrée.
➨Votre façade se trouve en secteur protégé, dans le Marais par exemple : un monobloc avec grilles posées en tableau de fenêtre a davantage de chances d'être accepté qu'un groupe visible.

Pour un grand séjour traversant sans mur extérieur accessible, aucune des deux technologies ne s'impose d'office et une étude spécifique devient utile.

Points de vigilance avant de choisir

Quelle que soit l'option retenue, plusieurs limites méritent d'être connues :

➨Un monobloc par pièce signifie autant d'appareils et de percements que de pièces à traiter.
➨Sa puissance plafonne autour de 3,5 kW, ce qui limite la surface couverte.
➨Un groupe de split mal placé dehors peut gêner les voisins et déclencher un conflit.
➨Un split posé sans autorisation expose à une dépose ordonnée à vos frais.
➨Les valeurs sonores des fabricants sont mesurées dans des conditions précises, pas forcément les vôtres.

L'esthétique compte aussi : l'unité intérieure d'un split reste plus fine, tandis qu'un monobloc mural occupe environ un mètre de mur sous la fenêtre.

Les bons réflexes pour comparer deux devis

Pour comparer sereinement, demandez que chaque proposition précise :

➨La marque, le modèle et la puissance froid de chaque appareil ;
➨Le niveau sonore en petite vitesse, avec la distance de mesure ;
➨Le nombre et le diamètre des percements, ou le tracé des liaisons ;
➨L'alimentation électrique prévue et la gestion des condensats ;
➨Les démarches d'autorisation incluses ou non ;
➨Le coût annuel de l'entretien.

Un devis qui ne mentionne ni le niveau sonore ni les autorisations laisse trop de zones floues.

Posez aussi la question du bruit côté voisins pour un split, et côté chambre pour un monobloc, car ce sont deux nuisances de nature différente.

Top comments (0)