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Préparer sa retraite en Suisse : les 5 erreurs fréquentes et comment les éviter

En Suisse, près de 70 % des travailleurs ne savent pas comment se compose leur avenir financier à la retraite, ce qui peut mener à des erreurs coûteuses. D’après l’analyse EY, les données publiées vont dans ce sens.

Erreur n°1 : Ignorer le premier pilier

Comprendre le but du premier pilier

Le premier pilier, l’Assurance Vieillesse et Survivants (AVS), assure un revenu minimum à tous les résidents assurés, indépendamment du revenu professionnel. Son objectif est de garantir un niveau de vie décent et de couvrir les besoins essentiels (logement, alimentation, LAMal). Le financement repose sur le principe de répartition : les cotisations en cours paient les prestations actuelles.

L'impact du premier pilier sur votre retraite

Selon l’Office fédéral de la statistique (OFS), environ 23 % du salaire brut est prélevé pour l’AVS et l’AI 1. Ainsi, un salarié gagnant 80 000 CHF par an verse près de 18 400 CHF chaque année. Cette contribution est obligatoire et non négociable, mais elle constitue aussi le socle sur lequel les deux autres piliers s’ajoutent. Une sous‑estimation du revenu AVS peut fausser tout le calcul de la retraite — par exemple, en prévoyant un revenu net trop élevé et en négligeant la nécessité d’épargner davantage via le pilier 2 ou 3a.

Erreur n°2 : Ne pas capitaliser sur le deuxième pilier

Importance de la prévoyance professionnelle

Le deuxième pilier (LPP) repose sur la capitalisation ; les cotisations sont investies et le capital accumulé sert à financer la rente ou le capital à la retraite. La loi oblige les employeurs à assurer leurs salariés dès que le salaire annuel dépasse 21 600 CHF (seuil de coordination). Le montant de la rente dépend du capital accumulé, du taux de conversion et de l’âge de départ.

Optimisation des cotisations

Le taux d’épargne pour le deuxième pilier varie généralement entre 7 % et 18 % du salaire coordonné, selon l’âge et le salaire 2. Un cadre de 40 ans avec un salaire de 100 000 CHF devrait donc cotiser autour de 12 000 CHF par an pour atteindre un niveau de vie confortable (en supposant un taux moyen de 12 %).

Il est souvent possible d?ajuster le taux de cotisation volontaire au sein du plan LPP???une hausse de 1?% peut ajouter plusieurs milliers de CHF au capital final gr?ce ? l?effet de capitalisation. La documentation f?d?rale sur la pr?voyance rappelle que les r?gles LPP et les options de retrait doivent ?tre v?rifi?es dans les sources officielles?3.

Erreur n°3 : Sous‑estimer le rôle du troisième pilier

Les avantages fiscaux du pilier 3a

Le pilier 3a est une épargne individuelle à vocation de retraite, déductible du revenu imposable jusqu’à un plafond fixé chaque année. En 2023, la déduction maximale était de 6 883 CHF pour les salariés soumis à la LPP 4. Cette réduction d’impôt augmente le rendement net de l’épargne, surtout lorsqu’elle est investie dans des fonds à frais réduits.

Choisir le bon produit d’épargne

Les institutions financières proposent différents supports : comptes d’épargne à intérêt fixe, fonds de placement, assurances-vie. Le choix doit prendre en compte les frais de gestion, la performance historique et la flexibilité de retrait (le pilier 3a reste bloqué jusqu’à 5 ans avant la retraite ou en cas d’achat de résidence principale). Un rapport de PwC souligne que près de 30 % des épargnants suisses ne profitent pas pleinement des avantages fiscaux du pilier 3a, souvent par manque d’information ou par préférence pour des produits plus liquides 5.

Erreur n°4 : Ne pas évaluer ses besoins futurs

Établir un budget prévisionnel

Le calcul des besoins de retraite doit intégrer le niveau de vie souhaité, les charges fixes (logement, transport) et les aléas (inflation, évolution du régime LAMal). L’Office fédéral de la santé publique (OFSP) indique que les dépenses de santé représentent en moyenne 30 % des coûts totaux à la retraite 6, comme le montre aussi notre guide epargne suisse.

Inclure les soins de santé dans les calculs

Dans le canton de Vaud, le tarif moyen d’une consultation médicale hors LAMal s’élève à environ 120 CHF. Multiplié par deux consultations par mois, cela représente près de 2 880 CHF annuels, soit une part non négligeable du budget. Un couple souhaitant vivre confortablement avec 60 000 CHF par an devra donc prévoir explicitement cette composante santé, sinon le capital accumulé risque de s’avérer insuffisant.

Erreur n°5 : Négliger les régimes de retraite complémentaires

Explorer les options d’entreprise

De nombreuses entreprises offrent des plans de retraite complémentaires (ex. : fonds de pension supplémentaires, assurances groupe). Ces régimes sont souvent financés en partie par l’employeur et bénéficient d’une fiscalité favorable. Selon une étude de PwC, environ 30 % des Suisses ne profitent pas des plans de retraite d’entreprise disponibles 7.

L'importance de diversifier ses investissements

La diversification entre actions, obligations et actifs immobiliers permet de réduire le risque de marché. Les cabinets de conseil recommandent une allocation progressive : davantage d’actions avant 50 ans, puis un basculement vers des obligations à mesure que l’on approche de la retraite. Le Canton de Genève propose des guides détaillés sur les stratégies d’investissement pour les salariés, incluant des modèles de portefeuille adaptés aux différents profils de risque 8.


Tableau récapitulatif des contributions aux différents piliers (salaire brut 100 000 CHF)

| Pilier | Base de calcul                     | Taux de cotisation | Contribution annuelle (CHF) |
|--------|------------------------------------|--------------------|-----------------------------|
| 1 (AVS)| Salaire complet                    | 23 % (employé + employeur) | 23 000 |
| 2 (LPP)| Salaire coordonné (100 000 – 21 600) | 12 % (exemple moyen)      | 9 408 |
| 3a     | Plafond déductible 2023            | –                  | ≤ 6 883 (déductible) |
| Complémentaire entreprise | Variable selon l’accord | – | Selon le plan (souvent 2–5 % du salaire) |
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Préparer sa retraite en Suisse nécessite une connaissance approfondie de ses piliers et une planification proactive pour éviter des erreurs financières graves.


Cet article est une information générale et ne constitue pas un conseil financier. Les chiffres sont indicatifs — vérifiez auprès des sources officielles citées avant toute décision.

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