Retour d'expérience co-écrit par Ivan Bethus, Thomas Petit et Nicolas Guilhem.
Intelligence artificielle, mais pannes bien réelles
Nous partons de Bordeaux à l'aube pour assister à la première édition de Dev With AI, attirés par une journée autour de l'IA, des retours d'expérience et des échanges entre développeurs. Malheureusement, notre train a près de deux heures de retard : nous arrivons à Paris vers 10h30, juste au moment de la première pause, après avoir manqué les deux premières conférences.
Alors que nous nous réjouissons de pouvoir suivre notre premier talk, nous avons à peine le temps de prendre un café lorsque l'électricité saute, et pas seulement dans le centre de conférences : dans tout le quartier ! Nous évacuons, déçus...
Finalement, à 14h, le courant revient et la conférence peut reprendre. Les organisateurs suppriment les questions-réponses pour tenter de rattraper le retard, ce qui sera presque le cas ; nous manquerons tout de même les derniers talks, qui auront lieu après 18h.
Heureusement, certaines présentations ont retenu toute notre attention !
La Conversation Review : le guide pour faire progresser les équipes AI-native - Marek Kalnik
Dans sa conférence, Marek Kalnik propose de repenser l'exercice de la code review à l'ère de l'IA. Son idée consiste à introduire une revue des conversations ayant conduit à la génération du code, au même titre que les revues de code que nous pratiquons déjà.
Puisque nous sommes maintenant presque tous des Vibecoders (AI native, je n'ai toujours pas compris ce que ce terme voulait dire) et que nous ne produisons plus le code, pourquoi s'attacher à le relire ? Marek nous invite à relire ce qui a servi à le générer, c'est-à-dire notre propre production : la conversation que nous avons eue avec l'agent de code. Elle consiste à vérifier avec le développeur ses prompts, les différents messages échangés, les outils utilisés par le LLM, etc., afin d'identifier les points d'amélioration et de partager les bonnes pratiques avec le reste de l'équipe.
Cette pratique semble particulièrement adaptée pour faire grandir une équipe de dev, en l'accompagnant de l'adoption des pratiques agentiques à l'industrialisation et à la mutualisation des compétences associées.
La guerre des tokens - Philippe Prados
Philippe Prados prend le temps de disséquer ce qu'il y a vraiment dans un prompt d'agent : le System, les Tools, les AGENTS.md, les Rules, les Skills, le Style, la Memory, l'historique. Et une fois que le tableau est posé, on entre dans le détail de la façon d'optimiser sa consommation de tokens.
Côté outils, l'idée est de ne plus tout charger d'un coup. Les descriptions d'outils (desc + schema) et les listings MCP saturent vite. Le principe : passer par un Tool search plutôt que de tout charger, et utiliser un MCP d'indexation (/ide, ast-grep, LSP) pour que l'agent trouve directement le fichier, ou son contenu, au lieu de tout lire.
Pour les AGENTS.md, du bon sens : les préférences perso restent au niveau utilisateur, et le projet ne contient que ce qui lui est spécifique. Rien de générique qui viendrait alourdir inutilement. Le /doctor de Claude est là pour auditer tout ça.
Sur le choix du modèle, là aussi, du classique : Opus pour planifier, Sonnet pour coder, Haiku pour le répétitif. Et /model opusplan quand on hésite : il planifie avec Opus puis bascule en Sonnet pour l'exécution.
J'ai beaucoup aimé Caveman. C'est un style condensé qui compresse aussi, au passage, les AGENTS.md et les Skills, sans toucher au thinking.
La mémoire, oui, ça coûte, mais à l'échelle d'une équipe, ça s'amortit. Au prix de quelques tokens, elle améliore la recherche et la pertinence. Parmi les outils cités, je retiens : /memory, /dream, Memsearch, mempalace, Serena, Hindsight, Entire.
On termine sur les sorties de terminal, le piège silencieux par excellence. Un cat verbeux et c'est tout l'historique qui gonfle. D'où RTK, Snip, Token-saver et curl.md/<url> (https://curl.md/).
Beaucoup d'éléments de ce talk sont séduisants, et cela donne envie d'auditer sérieusement sa propre consommation.
Ce talk est très instructif, et une formule résume bien le tout :
le glissement du how to do vers le how to think
On ne cherche plus à exécuter, mais à faire penser l'agent plus efficacement.
Coder plus vite avec l'IA - Florian Bruniaux
Florian Bruniaux, désormais bien connu pour son outil RTK, nous a proposé de nous intéresser au nouveau goulot d'étranglement du développement : la code review.
Si les IA produisent du code en grande quantité et rapidement, la review, elle, prend toujours un temps colossal aux équipes de dev. Alors comment tenter de résoudre ce problème ?
Quelques pistes, tirées de ses propres projets :
Pull requests
- Faire générer par l'IA des PRs claires et correctement détaillées, pensées pour des relecteurs humains.
- Ajouter un label sur les PRs pour savoir si une relecture humaine est nécessaire ou non (purement technique vs métier / sensible).
Review automatique
- CodeRabbit -> efficace mais assez cher
- friendlyReviewer -> Encore jeune, mais moins onéreux et de qualité
- Bot custom -> plutôt orienté métier
Une fois les reviews effectuées, un skill fusionne les feedbacks des différents outils et les valide ou non, ce qui permet de savoir s'il faut reprendre la PR.
Enfin, Florian nous a exposé sa vision de l'investissement du temps de travail des développeurs de demain :
- Dans le system design et la planification
- Dans le retravail à la suite de la code review
En somme, très peu de temps passé sur la production de code elle-même. C'est un point qui a d'ailleurs été remonté par quasiment tous les intervenants.
Verdict
Nous avons dû quitter la salle avant la fin pour attraper notre train, et nous avons raté les derniers talks, dont celui de Katia Gil Guzman d'OpenAI, que nous attendions pourtant avec impatience. Cette journée nous laisse de bonnes idées, des pistes à explorer sur nos pratiques de développement avec l'IA et un beau moment partagé entre collègues. Pour les prochaines éditions, nous espérons un peu moins de redondance entre les sujets et peut-être davantage d'espaces pour échanger entre les talks (et oui, nous étions tout de même près de quatre cents personnes).
C'était une première édition, et elle ne peut que se bonifier !
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